• CODIV 19

    Vers un «tri»des patients ?

    Ce serait un cauchemar de soignant : devoir trier les malades. En Italie, on l'a vu, par manque de place et de matériel, certaines personnes trop âgées atteintes du Covid-19 ne pouvaient plus être admises en réanimation. Quelle est la situation en France? Un document que nous nous sommes procuré a été établi pour donner des indications aux médecins. Pour l'instant, pas de patients sur le banc de touche, mais plutôt une prise en charge en « mode dégradé ». Explications. LAURE DAUSSY Aujourd’hui, les seuls patients « triés », ce sont ceux qui ne sont pas malades du Covid-19 : tous les soins moins urgents, comme des coloscopies ou des opérations de la cataracte, ont été repoussés, et même des traitements plus lourds, comme des chimiothérapies. Des services entiers - y compris de pédiatrie - ont fermé. Un seul objectif : faire de la place pour accueillir les malades atteints du coronavirus. Mais l’augmentation de ces malades est exponentielle. Les places ouvertes seront-elles suffisantes ? Va-t-on devoir « choisir » parmi les personnes à sauver ? Comment y faire face ? Dans l’Est, déjà, plusieurs soignants confient à la presse avoir dû renoncer à placer en réanimation certains patients. À l’heure où l’on écrit cet article, les soignants que nous avons contactés se veulent néanmoins « rassurants ». Yacine Tand- jaoui, réanimateur à l’hôpital Avicenne de Bobigny (Seine- Saint-Denis), assure : «La mobilisation est massive pour libérer de la place en réanimation. On va tout faire pour ne pas avoir à effectuer ce type de choix. » Stéphane Gaudry, professeur en médecine intensive et réanimation dans le même hôpital, ajoute : « C’est un sujet très délicat et prisé par les médias, qui fait très peur à la population, mais il faut arrêter d’imaginer n ’importe quoi sur ce sujet. Ce ne sera jamais un choix entre un patient de 68 ans et un autre de 76 ans. » Lorsque l’on contacte des médecins réanimateurs pour aborder la question, leur première réaction est de rappeler qu’en réanimation il y a toujours un choix qui s’opère, même hors Covid-19. Aussi ne faut-il pas surinterpréter, dans le contexte actuel, les décisions de non-réanimation de patients. Car ce sont des soins et une technique très lourde. On y est admis quand on ne peut plus respirer naturellement. Et précisons que cela concerne 5 % des malades atteints du Covid-19. La réa nécessite un ventilateur, pour une respiration artificielle, et d’être intubé. « C’est très dur, des patients de 30 ans mettent six mois pour se remettre d’un séjour en réanimation. Ce sont des techniques que tout le monde ne peut pas supporter, même en situation normale », explique Stéphane Gaudry. Si bien que des personnes trop âgées et trop faibles ne sont que très rarement admises en réanimation. Pour le coronavirus s’ajoute toutefois le fait que le temps en soins de réanimation est très long : deux à trois semaines, ce qui est d’autant plus lourd à supporter pour un malade âgé. Habituellement, les médecins évaluent déjà la possibilité d’aller en réanimation selon plusieurs paramètres : «L’âge, les comorbidités [autres maladies], l’état du patient. » «Maintenant peut s’ajouter le manque d’offre de soins, reconnaît Gaudry. Ça n’est jamais arrivé de réfléchir en mettant dans l’équation l’offre de soins. » Mais il insiste : « C’est un critère parmi d’autres. » Même en cas de saturation totale, le choix sera donc plus complexe que le seul critère de l’âge. Le médecin donne cet exemple : « Un patient plus jeune, qui a 50 ans mais est atteint d’un cancer avec métastases, ne serait pas prioritaire par rapport à un patient de 60 ans mais en bon état général. » Darwinien ? « L’objectif est de sauver le patient qui a le plus de chance de survivre. Si vous ne faites pas ça, vous sauvez moins de personnes à la fin », explique Gaudry. Un document de six pages que nous nous sommes procuré, commandé par le ministère de la Santé et rédigé par plusieurs professionnels de la santé, intitulé « Décision d’admission des patients en unités de réanimation et unités de soins critiques dans un contexte d’épidémie à Covid-19 », a été envoyé aux médecins réanimateurs. Qu’est-ce qu’on y apprend ? Les décisions pour refuser un patient en réanimation seront toujours collégiales. « Si la décision reste de la responsabilité d’un seul médecin, elle est prise après une concertation avec l’équipe soignante (la continuité de cette collégialité doit être organisée avec au moins un autre médecin, et un représentant de l’équipe paramédicale) », peut-on lire. Puis le texte évoque notamment « l ’absence de lit disponible » pour un patient qui devrait aller en réanimation. « Cette situation a été fréquemment rencontrée en Chine, en Italie, et même plus récemment en France », reconnaît le document. Pour cela, trois pistes sont proposées. « La première réponse logique est le transfert dans une autre structure de réanimation qui aurait une place disponible. » La deuxième piste, c’est le « mode dégradé ». Qu’est- ce que cela veut dire ? C’est du mieux que rien : il s’agit d’intuber le malade comme en salle de réa, mais pas dans des conditions optimales. D’habitude, le patient est très surveillé, dans une salle spéciale. Là, il sera ailleurs - dans une salle dévolue d’ordinaire à la chirurgie ou autre -, avec moins de personnel soignant autour de lui. « En mode normal, on a 1% de risque de faire des erreurs; là, on pourrait être à 5% par exemple », explique Gaudry. Mais, si les choses empirent, on pourrait tomber en « mode très dégradé » : « Le pire serait d’intuber les gens dans un couloir, ce serait l’enfer », reconnait-il. C’est loin d’être la réalité à l’heure où l’on écrit ces lignes, mais le médecin n’évacue pas cette possibilité. Enfin, dernière piste évoquée par le document : « La troisième possibilité qui permettrait d’éviter de faire perdre une chance au patient nécessitant une admission en réanimation serait de faire sortir un patient déjà en réanimation pour faire une place (bumping). » Il s’agit de faire sortir les patients plus tôt de la salle de réanimation. Mais pas avant la fin de leur traitement, nous précise-t-on. « D’habitude, une fois la réanimation terminée, ils restent quelques jours dans le même service pour être sous surveillance; là, ils sortiraient dans une structure intermédiaire. On accélère leur sortie », explique Gaudry. Mais problème : le flux de sortie, pour l’instant, n’a toujours pas commencé en région parisienne. «Nous sommes en guerre, nous dit le professeur Gaudry. Nous sommes plus de 65 millions de Français, si nous ne respectons pas le confinement, 60% auront un Covid-19. Si 5 % font une forme grave nécessitant la réa, sachant que nous avons 8 000 lits de réa en France -12 000enfaisant des efforts -, combien de patients resteront sur la touche ?» À défaut d’avoir suffisamment de tests pour la population, la seule solution est toujours de rester confiné. •


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  • Si vous êtes en confinement total, je vous sais donc en mal de câlin!

    Pour ma part, puisque vous devez maintenir cette distance sociale nécessaire à notre survie, et garder la confiance de notre « personnel politique ».

    Ma pensée va dans un premier temps à l’onanisme. Seule l’onanisme répond à l’obligation réglementaire. … Mais si le confinement devait durer, deux problèmes nous viennent à l’esprit.

    Le premier, fort bien documenté par Samuel Auguste André Tissot, Docteur en Médecine de la Société royale de Londres, de l’académie Médico-Physique de Basle et de la Société économique de Berne qui commis un essai sur:« L’ONANISME, dissertation sur les maladies produites par la MASTURBATION ». L’auteur nous informe qu’il a été obligé de réécrire son essai car l’original écrit en langue latine, langue morte s’il en est, ne donnait pas satisfaction. Prenant le problème de la langue à bras le corps, il s’exécuta en langue vivante. L’entreprise fut fort bien exécutée. Je ne m’étendrai pas sur le sujet, car je ne l’ai pas lu. Mais comme dirait l’autre, ce n’est pas parce qu’on à rien à dire que l’on doit se taire. Le second problème est quid de notre reproduction ?

    Que faire ? Vladimir Ilitch Oulianov (dit Lénine) s’était déjà posé la question dans un célèbre opuscule qui reste l'ouvrage de base du marxisme sur la question des Parties, pardon du Parti. À trop vouloir s’étendre sur un sujet, on s’égare. Je vous propose un texte qui accompagne cette réflexion non dénuée de fondement, Il s’agit d’une anthropographie sur la sexualité de la Seiche. Texte librement inspiré, (pour une conviviale du Papillon de la presqu’île,) d’un ouvrage de Jean pierre Otte : La sexualité d'un plateau de fruits de mer - Julliard 2000.-. Les plus malins d’entre vous me diront que ce texte ne répond en rien aux questions posées préalablement. Certes, mais je n’ai pas de texte aussi évocateur sur la sexualité des tritons qui elle (la sexualité) répondrait à la question.

    Les plus politiques objecteront :foin du triton c’est du Benjamin Griveaux, visionnaire, qu’il nous faut

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    L'étreinte tentaculaire Reprise d'un texte: de Jean pierre Otte - La sexualité d'un plateau de fruits de mer - Julliard 2000 Page 1

    "Lorsque la Seiche sent insidieusement une envie de se multiplier la titiller, elle se rend sur les lieux des ballets amoureux. Elle, elle l'observe d'abord d'un œil impassible comme on épluche un lot de réclame ou de traites, dans la volonté farouche d'être méritée. Elle est retranchée encore sur son quand à soie escarpé de caprices. Puis elle semble se plaire de la parade. Elle rentre dans cette chorégraphie lente, somptueuse, pleine de majesté et de fantasmagorie. Les partenaires, aimantés, entraînés l'un vers l'autre par un élan irrésistible, perdent conscience des périls qui les environnent, sans songer à répandre leur encre pour se loger dans une nuit opaque qui ne serait qu'à eux. L'amour dans l'obscurité noire a pourtant ses avantages, elle offre des sensations à nulle autre pareille, un frémissement indicible quand il s'agit de dessiner l'autre à tâtons, de le sculpter d'une paume patiente et impatiente, fidèle aux lignes nues qui reviennent sur elles même au hasard de leur développement. Mais la seiche a d'autre ambitions sensuelles, elle choisit, dans la danse, de s'exposer tout entière à la vue, et de profiter des lumières qui, en lui vernissant la peau, la revête d'une substance théâtrale et enchantée. Elle évolue pleine de grâce, avec une liberté fluide, des airs de candeur ou de timidité tactique, destinés à la fois à ensorceler plus intimement son partenaire et à accroître le courage de sa virilité. Les voila qui en viennent à s'effleurer, à se frôler longuement, non plus par accident, mais par l'audace d'un plaisir neuf, indéfini. Ils se rapprochent plus encore, se frottent, commence d'entrelacer leurs tentacules en toutes sortes d'attouchements prolongés, multipliés, variés, répétés ensuite avec une insistance grave, inquiète de l'écho que la chose suscite au plus profond d'elle même. La volupté extrême est peut être dans le jeu subtil des ventouses qui s'accolent, se détachent, se renouent mollement sur un vide d'air, en provoquant des mises en abîmes, des vertiges, un chavirement des sens à chaque succion nouvelle. Dans ce ravissement, les seiches ont les yeux noyés dans les yeux, sans que leur vienne toutefois l'inspiration d'utiliser la bouche pour un baiser ou un mordillement délicieux. C'est en glissement progressif, en prolongement des préliminaires, que l'accouplement s'accomplit. D'une nage lente sur place, leurs nageoires ondulant comme un ourlet d'une robe au vent, les seiches se tiennent en suspens dans l'étreinte, entre deux courants, entre deux temps, recueillies, graves, toutes à l'entreprise de se joindre. Le mâle dégage de ses tentacules un bras devenu très gros pour la circonstance, comme si l'ardeur et le sérieux de la manœuvre devait toujours s'exprimer aux yeux de la femelle dans la qualité d'un muscle expert et dilaté. C'est avec ce bras-là, à défaut de pénis ou de tout autre instrument, qu'il va puiser les spermatophores dans sa cavité ventrale pour ensuite les enfouir dans celle de sa partenaire, d'un geste sûr, sans détour. Il y a évidemment dans cette relation quelque chose de désolant et d'abrupt, une déception grande, un fracas de tous les rêves subtils de séduction que la femelle n'a sans doute pas l'idée de déplorer.

    Elle doit s'en satisfaire dans l'impossibilité qui est la sienne d'imaginer les formes d'autre chose à désirer.


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    Une solution à la pénurie de masque


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  • transféré par jmj 

     L’image contient peut-être : texte qui dit ’Chez nous on dévalise le rayon PQ, chez les américains c'est le rayon Flingues. On a vraiment pas la même notion du trou d'balle.’


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    Envoyés par Roland     Un peu d'humour ne fait pas de mal    Un peu d'humour ne fait pas de mal

    Un peu d'humour ne fait pas de mal

     


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  • Bonjour

    En ce moment c’est pas pareil, j’ai dû changer mes habitudes. Je vais vous expliquer en détail. Tout a commencé le mardi 17 mars à 10h. Je suis parti de chez moi car le collège fermait, ma maman devait travailler à l’hôpital, elle était débordée par le travail. Donc à 10h je suis parti à la campagne chez ma mamie. Personnellement j’aime pas trop la campagne mais vu le virus, j’étais obligé d’y aller et puis en fait c’est pas mauvais, je travaille devant une fenêtre avec vue sur la mer. Pour moi au début le coronavirus je croyais que c’était juste une grippe. J’ai commencé à changer d’avis quand Mr Macron a fait son discours le jeudi 12 mars. Il a annoncé la fermeture du collège le lundi suivant. J’étais dans tous mes états : la joie, la peur, la tristesse. La joie car il n’y avait plus cours, la peur car je commençais à craindre d’attraper la maladie, la tristesse car je ne pouvais plus voir mes amis. Le dernier jour de collège était bizarre. Tout le monde était content et avait peur : content car c’était la fin des cours et la peur du virus. Dimanche avant de partir, moi et maman on a fait le programme de la semaine en s’aidant avec les cours précédents pour trouver quoi faire comme travail. Aujourd’hui, nous sommes lundi 23 mars et je pense que j’ai passé une bonne semaine à travailler face à la mer et à jardiner avec mamie dès qu’on mettait la radio, on parlait du covid-19.

    fin


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  • C'est plus facile d'être confiné, surtout quand on a un jardin, en Bretagne

    et on n'oublie pas de faire de bons petits plats qui réchauffe le corps et le cœur

    Bises à tous ceux qu'on aime et même aux autres. On ne lâche  rien

    La Vie des confinésLa Vie des confinésLa Vie des confinés


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  •  Reçu ce matin, envoyé par nos petits enfants, on vous transmet


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